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.Croyez-moi si vous voulez, il ne reste pas tellement de très vieux chênes, si on entend par vieux un siècle ou plus.Quand on ajoute un méandre de rivière et une pleine lune bien visible, on obtient exactement cent vingt-neuf sites à observer dans tout le pays.Butler sourit.Une mission de surveillance.Le maître parlait enfin un langage qu’il comprenait.— Il va falloir procéder à des aménagements pour accueillir notre hôte, dit Artemis en tendant à Juliet une feuille de papier A4.La cave devra être modifiée selon ces indications.Tu y veilleras, Juliet.En respectant le plan à la lettre.— Oui, Arty.Artemis eut un froncement de sourcils, mais à peine perceptible.Pour des raisons qu’il avait du mal à analyser, il lui était assez indifférent que Juliet l’appelle par le diminutif que sa mère lui avait donné.Butler se gratta le menton d’un air songeur.Artemis remarqua son geste.— Une question ?— Eh bien, voilà, Artemis.La fée de Hô Chi Minh-Ville…Le garçon hocha la tête.— Je sais.Pourquoi ne l’avons-nous pas enlevée, tout simplement ?— C’est ça, monsieur.— Si l’on en croit l’Almanach du peuple de Chi Lun, un manuscrit du VIIe siècle retrouvé dans la cité perdue de Sh’shamo : « Dès lors qu’une fée aura pris des spiritueux avec le Peuple de la Boue » – ça, c’est nous – « elle sera à tout jamais morte pour ses frères et pour ses sœurs.» Nous n’avions donc aucune garantie que la fée d’Hô Chi Minh-Ville puisse valoir la moindre once d’or.Non, mon cher ami, nous avons besoin de sang neuf.C’est clair ?Butler approuva d’un signe de tête.— Très bien.À présent, voici divers objets que vous devrez vous procurer pour nos escapades au clair de lune.Butler lut la liste : équipement de base pour sorties en plein air, quelques petites choses qui pouvaient provoquer un ou deux haussements de sourcils mais, dans l’ensemble, rien de trop déconcertant, à part…— Des lunettes de soleil ? En pleine nuit ?Lorsque Artemis souriait, ce qui était le cas en cet instant, on s’attendait presque à voir des dents de vampire jaillir de ses gencives.— Oui, Butler.Des lunettes de soleil.Faites-moi confiance.Et Butler lui faisait confiance.Aveuglément.Holly activa le système de réchauffement de sa combinaison et monta à quatre mille mètres d’altitude.Les ailes du Colibri étaient les meilleures qu’on puisse trouver.L’indicateur de la batterie affichait quatre barres rouges – plus qu’il n’en fallait pour une rapide excursion au-dessus de l’Europe et des îles Britanniques.Bien entendu le règlement exigeait qu’on voyage toujours au-dessus des mers et des océans lorsque c’était possible mais Holly ne pouvait jamais résister au plaisir d’aller taquiner les sommets enneigés des Alpes.La combinaison la protégeait contre la rigueur des éléments mais elle sentait quand même le froid s’insinuer jusque dans ses os.À cette altitude, la lune paraissait immense, on distinguait nettement ses cratères.Ce soir, elle formait une sphère parfaite.Une pleine lune magique.Les services de l’Immigration ne sauraient plus où donner de la tête lorsque les milliers de fées nostalgiques de la surface suivraient leur envie irrésistible de remonter à l’air libre.Nombre d’entre elles parviendraient à passer et se livreraient à des réjouissances qui provoqueraient sans doute un beau tumulte.Le manteau de la terre était sillonné de tunnels clandestins et il était impossible à la police de les surveiller tous.Holly suivit la côte italienne jusqu’à Monaco puis mit le cap sur les Alpes françaises.Elle adorait voler, comme toutes les fées.D’après le Livre, elles étaient jadis dotées de leurs propres ailes, mais l’évolution les en avait privées par la suite.Seuls les lutins en avaient encore.Il existait une école de pensée selon laquelle le Peuple descendrait des dinosaures ailés.Peut-être des ptérodactyles.La structure du squelette dans la partie supérieure du corps était très semblable.Cette théorie expliquait la protubérance osseuse présente sur chaque omoplate.Holly songea à aller visiter Disneyland Paris.Les FAR disposaient d’agents secrets en poste sur place, la plupart employés sur le stand Blanche-Neige.C’était l’un des rares endroits à la surface de la terre où le Peuple pouvait passer inaperçu.Mais si un touriste prenait une photo d’elle, qui finissait sur Internet, Root lui ferait certainement sauter ses galons.Avec un soupir de regret elle passa sans s’arrêter au-dessus de la gerbe des feux d’artifice multicolore qui s’élevait du sol.Arrivée sur la Manche, Holly vola à basse altitude, sautillant parmi les vagues aux crêtes d’écume.Elle appela les dauphins qui remontèrent à la surface, bondissant dans l’eau pour suivre son allure.Elle voyait sur eux les dégâts causés par la pollution, leur peau décolorée, les plaies rouges sur leur dos.Elle avait beau sourire, elle avait le cœur brisé.Le Peuple de la Boue avait décidément beaucoup de comptes à rendre.Enfin, la côte se dessina devant elle.Le Vieux Pays.Eire, la terre où commença le temps.L’endroit le plus magique de la planète.C’était ici, dix mille ans plus tôt, que l’ancienne race des fées, les Dé Danann, avait combattu les démoniaques Fomors, traçant la célèbre chaussée des Géants par la puissance de leurs déflagrations magiques.C’était là que se dressait la Lia Fáil, la pierre de la Destinée, le centre de l’univers, où les rois des fées et plus tard les Ard Rí humains, les grands rois, étaient couronnés.C’était là aussi, malheureusement, que le Peuple de la Boue était le plus réceptif à la magie, et les cas d’observation de fées par des humains y étaient plus nombreux que partout ailleurs sur la planète.Par chance, le reste du monde considérait les Irlandais comme des fous, une opinion que les Irlandais eux-mêmes ne faisaient rien pour démentir.Ils avaient fini par se mettre dans la tête que toutes les fées traînaient une marmite d’or avec elles partout où elles allaient.Il était vrai que les FAR disposaient de fonds secrets destinés à payer une éventuelle rançon, en raison des risques élevés que couraient leurs officiers, mais aucun humain n’avait jamais réussi à en obtenir la moindre parcelle.Ce qui n’empêchait pas la population irlandaise en général de rôder sous les arcs-en-ciel en espérant gagner le gros lot.Mais, en dépit de tout cela, s’il y avait une catégorie d’êtres humains avec laquelle le Peuple ressentait une affinité, c’étaient bien les Irlandais.Peut-être était-ce dû à leur excentricité, ou à leur dévotion au craic, le mot qu’ils emploient pour désigner la fête – dans les pubs où coule la bière.Et si véritablement le Peuple était apparenté aux humains, comme le prétendait une autre théorie, il y avait de bonnes raisons de croire que tout avait commencé sur l’île d’Émeraude.Holly fit apparaître une carte sur le localisateur qu’elle portait au poignet et déclencha le système de repérage pour déterminer les lieux chargés de magie.Le meilleur endroit serait évidemment Tara, à proximité de la pierre de la Destinée mais, une nuit comme celle-ci, toutes les fées traditionalistes munies d’un laissez-passer avaient dû venir danser sur le site sacré ; il valait donc mieux y renoncer.Il existait un autre endroit proche, sur la côte sud-est.Facilement accessible par les airs, mais lointain et désolé pour des humains voyageant par voie terrestre.Holly réduisit les gaz et descendit jusqu’à quatre-vingts mètres.Elle survola une forêt d’arbres aux branches hérissées, puis arriva au-dessus d’une clairière éclairée par la lune [ Pobierz całość w formacie PDF ]

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